« Moi président de la République, je ne serai pas le chef de la majorité. » : Perdu

Lors de sa célèbre anaphore durant le débat du second tour avec Nicolas Sarkozy, François Hollande disait : « Moi président de la République, je ne serai pas le chef de la majorité. »

Comme le rappellent nos collègues du Monde, la tradition Gaullienne veut que « que le Président de la République [soit] l’arbitre et le garant de la cohésion nationale, donc au-dessus du jeu des partis ».

Ainsi, en demandant aux français de lui donner une « large majorité »  puis surtout, en affichant son soutien à Ségolène Royal dans sa profession de foi, il n’a pas respecté sa promesse.

D’un point de vue pragmatique, il est évident qu’un président élu souhaite avoir la majorité la plus large afin de mettre en place le programme pour lequel il a été élu. Cependant, cela le met forcément en contradiction avec sa promesse de ne pas s’impliquer dans les élections législatives.

Plus tard, François Hollande a reçu les chefs des partis de gauche pour un dîner à l’Élysée.

Prévenir les conflits d’intérêts

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Je souscris à la proposition de TI France de prévenir les conflits d’intérêts dans la vie politique en rendant publiques des déclarations d’intérêts précises et en instaurant l’obligation de s’abstenir de participer à une décision publique en cas d’intérêts personnels liés à la question abordée.

Source : Transparency International

Cette promesse est compromise si la nomination de Pierre Lescure à la tête de la commission qui doit mener la concertation sur l’« Acte II de l’exception culturelle » est confirmée.

D’après un article d’Ecran.fr, Pierre Lescure est :

  • Membre du conseil de surveillance de Lagardère, qui possède entre autres Hachette, particulièrement concerné par les discutions sur le numérique.
  • Membre du conseil d’administration de Havas, très impliqué dans le monde culturel
  • Membre du « collège des personnes qualifiées » de la Fondation Technicolor pour le patrimoine du cinéma
  • Membre du conseil d’administration de Nagra-Kudelski, qui vend des solutions de streaming, vidéo à la demande, DRM, …

Toutes ces entreprises ont des intérêts très forts dans la diffusion d’oeuvres culturelles et sont susceptibles de faire pression pour réprimer de plus en plus le partage sur Internet.

Combien coûte le gouvernement Ayrault ?

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Maintenant que le décret instaurant la baisse de salaire des ministres est publié, il est possible de calculer le coût du nouveau gouvernement Ayrault, et de le comparer au coût des précédents gouvernements.

Avec 1 Premier Ministre payé 14 900 euros, 18 ministres à 9 940 euros et 16 ministres délégués à 9 940 euros, le gouvernement actuel coûtera 352 860 euros brut par mois.

Le précédent gouvernement de François Fillon était composé de la manière suivante :
1 premier ministre à 21 300 euros, 16 ministres à 14 200 euros, 8 ministres délégués à 14 200 euros et 9 secrétaires d’Etat à 13 490 euros, le coût total du dernier gouvernement Fillon était de 483 510 euros brut par mois, soit 130 650 euros de plus chaque mois.

Le nouveau gouvernement, même s’il n’est composé que de ministres, et d’aucun secrétaire d’Etat, coûte donc bien moins cher que le précédent.

Le premier gouvernement Ayrault est dévoilé

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Pierre-René Lemas, le secrétaire général de la présidence, a annoncé hier la composition du gouvernement de Jean-Marc Ayrault :

Laurent Fabius : Affaires étrangères
Manuel Valls : Intérieur
Vincent Peillon : Education nationale
Chritiane Taubira : Justice, garde des sceaux
Pierre Moscovici : Economie, Finances, commerce extérieur
Jean-Yves Le Drian : Défense
Marisol Touraine : Affaires sociales, Santé
Arnaud Montebourg : Redressement productif
Marylise Lebranchu : Réforme de l’Etat, décentralisation et de la fonction publique
Frédéric Cuviller : Transport et Economie
Michel Sapin : Travail, Emploi et dialogue social
Stéphane Le Foll : Agriculture
Geneviève Fioraso : Enseignement supérieur et Recherche
Aurélie Filippetti : Culture et Communication
Nicole Bricq : Ecologie
Cécile Duflot : Egalité des territoires et du Logement
Victorin Lurel : Outremer
Valérie Fourneyron : Sports
Najat Vallaud-Belkacem : Droits des femmes et porte-parole du gouvernement
Jérôme Cahuzac : ministre délégué au Budget
Pascal Canfin : ministre délégué au Développement
Alain Vidalies : ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement
George Pau-Langevin : ministre déléguée à la réussite éducative
Sylvia Pinel : ministre déléguée chargée de l’Artisanat, du Commerce et du Tourisme
Michèle Delaunay : ministre déléguée chargée des Personnes âgées et de la dépendance
Marie-Arlette Carlotti : ministre déléguée chargée des Personnes handicapées
Dominique Bertinotti : ministre déléguée chargée de la Famille
François Lamy : ministre délégué chargé de la ville
Delphine Batho : ministre déléguée auprès de la Garde des Sceaux
Benoît Hamon : ministre délégué chargé de l’Economie sociale et solidaire
Bernard Cazeneuve : ministre délégué chargé des Affaires européennes
Fleur Pellerin : ministre déléguée chargée des PME, de l’Innovation et de l’Economie numérique
Yamina Benguigui : ministre déléguée chargée des Français de l’étranger
Kader Arif : ministre délégué chargé des Anciens combattants


L’annonce de la composition du nouveau… par LeNouvelObservateur

34 membres au total, dont 17 femmes, soit une parfaite parité (une première dans l’histoire de la Vème République, même si la plupart des ministères majeurs sont masculins), comme l’avais promis François Hollande pendant sa campagne.  Une promesse partiellement tenue pour l’instant puisqu’elle concernait l’ensemble des grandes instances de la République.

Mon premier déplacement sera pour rencontrer la Chancelière d’Allemagne

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Sur le plan européen, si les Français m’en donnent mandat, mon premier déplacement sera pour rencontrer la Chancelière d’Allemagne et pour lui dire que nous devons ensemble changer l’orientation de l’Europe vers la croissance et dans le lancement de grands travaux.

Source : Discours du Bourget

Cette promesse est tenue.

François Hollande a effectué son premier déplacement, dès le jour de son investiture le 15 mai 2012, pour rencontrer Angela Merkel à Berlin.

Jean-Marc Ayrault est choisi pour être Premier Ministre

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Mise à jour : la promesse de François Hollande concernait les personens condamnées pour corruption, ce qui n’est pas le cas de Jean-Marc Ayrault. Sa nomination n’est donc pas incompatible avec la promesse de François Hollande.

Article original : La nouvelle était attendue par beaucoup de monde, et c’est maintenant officiel : Jean-Marc Ayrault a été choisi par François Hollande pour être Premier Ministre.

Pour honorer la promesse de François Hollande d’interdire le cumul des mandats, il devra abandonner ses postes de député de la 3ème circonscription de Loire-Atlantique et maire de Nantes.

Cette nomination a également une autre conséquence : la promesse de François Hollande de n’avoir personne autour de lui qui ait été condamné ne pourra pas être tenue, puisque Jean-Marc Ayrault a été condamné pour favoritisme en 1997. Bien qu’il ait depuis été réhabilité, et que son casier judiciaire ait été vidé entièrement, il a bien été condamné.

Comme François Hollande n’a pas parlé de casier judiciaire vierge, nous le prendront au mot, et nous jugeons donc sa première promesse comme non tenue, en espérant que cette première promesse ne soit pas le début d’une triste série…

Créer un ministère dédié à l’industrie et à la production

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M. Hollande a également évoqué, toujours avec Acteurs Publics, la nécessité d’un ministère chargé des priorités que sont, à ses yeux, « l’industrie » et « la production ». Il assure également qu’il ne reviendrait pas sur la séparation, au sein de Bercy, entre ministères du budget et des finances.

Source : Acteurs Publics via Le Monde

Limiter le nombre de collaborateurs des cabinets ministériels

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« Il faut limiter le nombre de collaborateurs des cabinets ministériels (…) pour un ministre, disposer de 10 collaborateurs au maximum me paraît suffisant. » Mais le candidat précisait aussitôt : « Même si on peut envisager d’en accorder davantage pour les ministères les plus importants. »

Source : Acteurs Publics via Le Monde

Jean-Marc Ayrault peut-il être Premier Ministre sans trahir la promesse de François Hollande ?

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Mise à jour :

Jean-Marc Ayrault a officiellement été choisi comme premier ministre : http://www.promessometre.fr/news/jean-marc-ayrault-est-choisi-pour-etre-premier-ministre/

Article original :

Xavier Bertrand a lancé hier une attaque contre Jean-Marc Ayrault, supposé favori au poste de Premier Ministre dans le prochain gouvernement, et dont François Hollande donnera le nom demain. Il a évoqué une affaire de favoritisme datant de 1997, pour laquelle M. Ayrault a été condamné à 6 mois de prison avec sursis et 30 000 francs d’amende après avoir attribué la communication de Nantes sans passer par un appel d’offres lorsqu’il était maire de la ville. Cette condamnation serait incompatible avec la promesse faite par François Hollande de ne s’entourer que de personnes n’ayant jamais été condamnées.

Dans un billet long mais très bien expliqué, Maître Eolas, avocat bien connu grâce à son blog, a détaillé la condamnation et les conditions de sa réhabilitation.

Nous vous conseillons fortement d’aller lire ce billet, mais pour résumer, la condamnation de M. Ayrault est effectivement entièrement effacée de son casier judiciaire. Et il est également interdit à toute personne qui a connaissance de sa condamnation d’en faire mention dans un document quelconque (un détail de la loi que M. Bertrand n’a pas l’air de connaître, ou qu’il préfère ignorer).

Le problème de la parole de François Hollande est maintenant moral, puisque officiellement, Jean-Marc Ayrault a un casier judiciaire vierge, même s’il a été condamné dans le passé.

Il faut noter que la loi contre le favoritisme qui a permis de le condamner a été votée par l’intéressé, et qu’il s’est empressé de corriger le problème d’attribution du marché dès que les remarques lui ont été communiquées, sans attendre son jugement.